Cher public,

30 Nuances de Noir(es) ouvre notre saison, ouvre notre maison et c’est en fanfare! Et ce sera une autre grande dame éprise de liberté, Angélique Kidjo, qui la refermera!
Répondant à une volonté de visibiliser les femmes artistes et de changer par l’art notre vision du monde, il était essentiel de respecter une exacte parité. 50 % des spectacles présentés sur les plateaux du TANDEM sont portés par des artistes femmes.
Il y a le bruit du monde, l’échec du capitalisme, l’histoire d’une Europe qui sacrifie ses valeurs, avec un grand nombre de personnes qui succombent à la haine et à l'incompréhension. En ce début de XXIe siècle, il y a cette Europe, avec ses rivages de barbarie.

À quel monde sommes-nous présents ? 

Beaucoup d’artistes sont les porte-voix des épopées contemporaines et des libertés entravées.
Il y a deux types de trajectoires qui agrègent souvent un réel engagement.
Il y a celles et ceux qui s’emploient à créer sur le plateau des collectifs, des communautés provisoires, pour provoquer un autre regard.
Il y a les autres qui empruntent des chemins solitaires, qui explorent les dystopies de la coexistence et qui ouvrent à une conscience interrelationnelle du réel et à une nouvelle forme d’être «sauvage».

Au sein de la première trajectoire, il y a 30 Nuances de Noir(es), une grande parade métissée de rentrée qui mélange des esthétiques musicales et chorégraphiques afro-américaines et africaines. Sous la direction artistique de Sandra Sainte Rose Fanchine ce groupe de 30 femmes exprime les luttes émancipatrices des femmes noires françaises, « déstéréotypant » les images auxquelles elles sont assignées.
Il y a la chorégraphe brésilienne Alice Ripoll et sa pièce Cria, née d’une recherche sur la sexualité, la famille, l’amitié et la communauté. Elle mixe les influences traditionnelles du Brésil, comme la samba et la capoeira, avec des mouvements de break dance et de hip-hop. Une 2ème partie de spectacle, plus grave, évoque la situation politique du Brésil. Dans Ion, du chorégraphe grec Christos Papadopoulos, des corps glissent sur le parquet, explorant le lien de l’individu au collectif, façon bancs de poissons. Ils font émerger une humanité «en mode survie». Il y a Les Diables, de Michel Schweizer, avec les acteurs de l’Oiseau-Mouche, pour qui la scène est un espace de présence et de prise de parole collective à l’adresse du monde. First trip de Katia Ferreira, est l’adaptation d’un des plus beaux romans écrit sur l’adolescence au féminin : Virgin Suicides, de Jeffrey Eugenides.
Après avoir brillamment exploré l’univers d’Homère, Pauline Bayle se plonge dans le roman de Balzac Illusions perdues, publié entre 1837 et 1843, à une période d’essor du capitalisme français où tout devient marchandise, y compris les esprits. Pour Pauline Bayle ce roman résonne fortement avec la société contemporaine. C’est avec la même tribu d’acteurs complices d’Iliade et Odyssée qu’elle présente ce spectacle.
Autre rendez-vous, autre rite collectif, avec Encatation, une expérience culinaire d’Alexandre Gauthier (2 étoiles Michelin), dans une inventive et ludique scénographie dont Johann Le Guillerm a le secret. D’un seul coup on se met à parler de «rythme de saveurs», de «ruptures dans les goûts», de «montée en puissance jusqu’au crescendo».

Au sein de la seconde trajectoire, empruntant des chemins plus solitaires, le magnifique Chroma de Bruno Geslin où la couleur vient par les mots et les mots par la célébration de la vie au moment où la nuit approche. Il y a Ruine, le seul en scène impressionnant d’Erwan Ha Kyoon Larcher mêlant cirque et autobiographie. Mercurial George est un solo déstabilisant de Dana Michel ; telle une archéologue, elle avance à travers les débris de la société. Le spectacle Compass de Simone Aughterlony, Petra Hrašćanec et Saša Božić est inspiré de l’Odyssée d’Homère. Mais ironiquement, le poème épique se transforme en récit de solitude. Il peut être vu comme une histoire personnelle ou comme la parabole d'une nouvelle Europe. Pont entre la scène et le monde, le spectacle Je suis la bête nous entraîne au cœur de la forêt, escortée par les oiseaux, vêtue d’un manteau d’abeilles, Julie Delille y explore un espace mental où l’on finit par ne plus savoir de quel côté de la scène se situe la sauvagerie.
Il y a la puissance saisissante des chants d’Hildegarde von Bingen (1098-1179), exhumés par Marie-Pierre Brébant et François Chaignaud. Monodies sublimes d’une femme de lettres, compositrice, musicienne, peintre et médecin, qui a su mettre ses visions au service d’un rapport brûlant et charnel au divin. Dans un autre registre, Les Dimanches de Monsieur Dézert, chef-d’œuvre d’humour de Lionel Dray sur la vie d’un employé de bureau qui n’a d’autre ambition que de réussir ses dimanches. Ce récit d’occupations dominicales pourrait être sorti d’un roman de Pierre Michon ou d’Alphonse Allais.
Dans ces chemins de solitude, il y a aussi la comédienne Sophie Cadieux qui irradie et porte haut le souffle de la langue de Sarah Kane, faisant de 4.48 Psychose un cri déchirant sur la dépendance amoureuse et le désir qui brûle, dans une mise en scène de Florent Siaud qui laisse sans voix.

À la rencontre du jour et de la nuit, l’Heure bleue est ce seuil de paix d’où Jan Fabre écrit. Avec le Bic bleu, matériau pauvre et soyeux, Fabre dilue ce moment particulier jusqu’au calme absolu, jusqu’au vertige. Nous lui consacrons une exposition d’art visuel, une performance théâtrale et une lecture mise en scène de son journal de nuit.

Des bruits du monde jaillissent les musiques. Comment les en-visager, les in-corporer?
Cette saison favorise autant la rencontre avec les œuvres du répertoire qu’avec celles de compositeur.rice.s engagé.e.s dans des démarches de recherche, en proposant parfois des jeux de symétrie entre œuvres historiques et œuvres nouvelles.
Du songwriting, en passant par le rock indie des années 90, la folk, l’électro, jusqu’aux sonorités moyen-orientales, je vous invite à faire ce grand voyage dans les esthétiques et les sonorités.

Voici un aperçu de quelques-uns des rendez-vous qui marquent cette saison, mais c’est davantage ici pour donner des formes et des visages à ce qui pourrait ne pas en avoir d’emblée.

Les choses existent-elles uniquement quand elles ont un nom?

C’est autant un art en mouvement, qu’une poétique prenant soin de l'humanité que nous souhaitons partager tout au long de cette saison, des spectacles créés par nécessité, sans complaisance, avec les entrailles ; des artistes dissident.e.s qui bousculent les codes et les stéréotypes, qui explosent les notions d’identité, de question de genres, de couleurs, de marginalité et d’héritages culturels.

Une nouvelle vision de notre rapport au monde s’affirme, une renaissance sauvage qui condense la possibilité de fondements nouveaux, dont l’art est avant-coureur : il en concentre l’énergie, il en éclaire les trajectoires.

Je vous souhaite une saison hors norme.

Gilbert Langlois,
directeur du TANDEM Scène nationale

 

Vous m’octroyez aujourd’hui le privilège d’évoquer «mon» courage d’être moi après m’avoir fait porter le fardeau de l’exclusion et de la honte pendant toute mon enfance. (…) Mais quand en aurez-vous marre de vous asseoir face à notre «courage» comme on se met devant un divertissement ? Quand en aurez-vous marre de nous altériser pour devenir vous-mêmes? (…)

Ceci est ma vie et je l’ai vécue sans courage, mais avec enthousiasme et jubilation. Mais vous ne savez rien de ma joie. Vous préférez me plaindre (…) Et vous me dites: «Parle-nous du courage d’être toi», comme les juges du tribunal de l’Inquisition ont dit à Giordano Bruno pendant huit ans: «Parlez-nous de l’héliocentrisme, de l’impossibilité de la Sainte Trinité», tout en préparant le petit bois pour faire un grand feu. Effectivement, comme Giordano Bruno et même si je vois déjà les flammes, je pense qu’un petit changement de cap ne suffira pas. Qu’il va falloir tout chambouler. Éclater le champ sémantique et le domaine pragmatique. (…)

Gardez le courage qu’il vous faut pour maintenir la norme. Le sang-froid de prêter vos corps à l’incessant processus de répétition régulée. Le courage, comme la violence et le silence, comme la force et l’ordre, sont de votre côté. Au contraire, je revendique aujourd’hui le légendaire manque de courage de Virginia Woolf et de Klaus Mann, d’Audre Lorde et d’Adrienne Rich, d’Angela Davis et de Fred Moten, de Kathy Acker et d’Annie Sprinkle, de June Jordan et de Pedro Lemebel, d’Eve Kosofsky Sedgwick et de Gregg Bordowitz, de Guillaume Dustan et d’Amelia Baggs, de Judith Butler et de Dean Spade.

Mais parce que je vous aime, mes courageux égaux, je vous souhaite de manquer de courage, à votre tour. Je vous souhaite de ne plus avoir la force de répéter la norme. (…)

Paul B. Preciado, Un appartement sur Uranus, Éditions Grasset

 

 

DOUAI . HIPPODROME

Inauguré en 1904, l'Hippodrome fut construit à l'origine pour accueillir des cirques, des manifestations populaires, citoyennes et politiques... Il fait partie aujourd'hui des sept derniers cirques en dur qui existent en France (Douai, Reims, Elbeuf, Châlons-en-Champagne, Troyes, Paris et Amiens). Doté de 3 salles (la Salle Malraux d'une capacité de 500 places, la salle Obey d'une capacité de 140 places assises, le Grand studio ouvert aux résidences d'artistes), l'Hippodrome obtient le statut de scène nationale en 1992. Le cinéma de l'Hippodrome, la salle Paul Desmarets, complète cet ensemble architectural unique.

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ARRAS . THÉÂTRE

Inauguré le 30 novembre 1785, le Théâtre d'Arras connaît une nouvelle phase de travaux en 1828 avec la construction d'une salle des concerts dont le décor est confié à Charles-Antoine Cambon qui peint au plafond « La Muse distribuant les lauriers aux artistes ». Le Théâtre bénéficie entre 2004 et 2007 de travaux importants qui lui redonnent splendeur et éclat, fonctionnalité et confort. Ils permettent également l'apparition d'une nouvelle salle, plus intimiste, baptisée Salle André Reybaz, pouvant accueillir environ 80 personnes assises.

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DIRECTION

Gilbert Langlois

CONSEIL ARTISTIQUE

Aude Tortuyaux
conseillère musiques

Christophe Duthoit
programmateur cinéma

ADMINISTRATION

Olivier Fauquembergue
administrateur
ofauquembergue@tandem.email

Ludwig Guesné
administrateur adjoint, chef comptable
lguesne@tandem.email

Maryline Leclaire
aide-comptable

ACCUEIL & SECRÉTARIAT

Véronique Gilles
secrétaire de direction
vgilles@tandem.email

Virginie Ziemniak
secrétaire accueil et cinéma
accueil@tandem.email

SECRÉTARIAT GÉNÉRAL

Christine Tournecuillert
secrétaire générale,
conseillère artistique

ctournecuillert@tandem.email

RELATIONS AVEC LE PUBLIC

Vincent Jean
directeur des relations avec les publics
conseiller artistique jeune public

vjean@tandem.email

Marianne Duhamel
chargée des relations avec les publics
mduhamel@tandem.email

Maxence Maréchal-Delmotte
chargé des relations avec les publics
et des réseaux sociaux
mdelmotte@tandem.email

Apolline Mauger
chargée des relations avec les publics
amauger@tandem.email

Fiona Nell
attachée aux relations avec les publics
fnell@tandem.email

COMMUNICATION

Romain Rousseau
directeur de la communication,
conseiller musiques actuelles

rrousseau@tandem.email

Raphaël Mesa
chargé de communication
rmesa@tandem.email

Léna Férat
infographiste
lferat@tandem.email

BILLETTERIE &
ACCUEIL DU PUBLIC

billetterie@tandem.email

Pauline Cavailles
responsable de la billetterie
et de l’accueil

Marine Delvallé
attachée à la billetterie

Chloé Macioszek
hôtesse de billetterie

Aurélie Bouchez
attachée à l'accueil

ACCUEIL DES ARTISTES

Marylise Boulanger
chargée de l’accueil des artistes
et habilleuse, chargée de l’entretien

TECHNIQUE

Jean-Marc Hennequin
directeur technique
jmhennequin@tandem.email

Stéphane Jagu
régisseur général
sjagu@tandem.email

Sébastien Meerpoel
régisseur général
smeerpoel@tandem.email

Francis Stiévenard
régisseur général adjoint,
chef machiniste

Frédéric Willens
régisseur lumière

Xavier Janda
régisseur son

Dominique Warin
régisseur son, technicien lumière

Abdelkrim Rouhi
chef machiniste

Philippe Lefebvre
régisseur des bâtiments,
chargé des maintenances

Didier Benoît
régisseur plateau adjoint,
chef machiniste

Dorian Delrue
technicien

Claire Moskwa
machiniste, habilleuse

Héloïse Cailloz
opératrice projectionniste,
chef de cabine

François Hastey
opérateur projectionniste

Alain Ogez
agent de sécurité incendie

Baptiste Cretel
apprenti

Et les intermittents du spectacle et les ouvreurs qui nous accompagnent tout au long de la saison.

Le TANDEM Scène nationale est subventionné par la Ville d’Arras, la Ville de Douai, le Ministère de la Culture et de la Communication,
le Conseil régional des Hauts-de-France / Nord-Pas-de-Calais – Picardie, le Conseil départemental du Pas-de-Calais et le Conseil départemental du Nord.

Le TANDEM - scène nationale Arras Douai est soutenu par

 

Partenaires privés

 

Partenaires médias

Le TANDEM soutient

 

 

Partenaires culturels

Culture Commune, Scène nationale du bassin minier du Pas-de-Calais
La Comédie de Béthune, Centre dramatique national
Maison de l'art et de la communication de Sallaumines
Le Centre Régional des Arts du Cirque de Lomme
Le Festival Faites de la chanson
Arras Jazz Festival
Les Inouïes
Le Festival Arsène
Le Musée des Beaux-Arts d'Arras
Le Musée de la Chartreuse de Douai
L'être lieu - ARTS CONTEMPORAINS ARRAS