Cher public

 

Confinements et couvre-feux à répétition ont contribué à l’écriture, par effraction, d’un épisode particulier de notre histoire. Les technologies nous ont permis de garder la relation avec autrui et dans un même temps nous ont individualisés. Les visages étaient sur les écrans, les émotions et les mots manquaient derrière les masques. Inégalités sociales, inégalités des traumatismes sont apparus un peu plus chaque jour, et dans le même temps une réelle vulnérabilité. Quel est ce monde dans lequel nous évoluons les yeux rivés sur les écrans à longueur de journée, où tout le monde finit par singer tout le monde, en congé de l’être jusqu’à la vacuité ?

C’est par de nouvelles quêtes existentielles, que nous pourrons résister à la mondialisation du temps et des comportements, nous remettre à vivre ensemble. Une force du théâtre se situe dans sa capacité à raconter le monde de mille et une façons, à être un refuge pour éprouver les visages de notre époque.

Cette saison est une saison anniversaire ! Nous fêtons les 10 ans du TANDEM et les 30 ans de l’Hippodrome, première scène du Nord-Pas-de-Calais à obtenir le label de scène nationale.
Sur les plateaux du TANDEM, le théâtre, la danse, la musique, le cinéma et le cirque sont réunis pour fêter ce double anniversaire. Faisons en sorte que tout se transforme en récits et que ces histoires viennent nourrir une mémoire commune déjà foisonnante. Que la succession de rencontres de cette saison fasse « parcours », pour aller au-delà du beau artistique et pour laisser émerger les pensées qui n’ont pas encore de visages !

Le propre des œuvres est de montrer, de donner à voir. Ce n’est pas un hasard si certains artistes de cette saison nous invitent à faire l'expérience de l'absolu. Ils trouvent des angles de vue, expérimentent, déplacent les limites admises, trouvent la bonne distance.

Il y a les poèmes empreints d'amour et de mort.
À la lumière des événements liés à la pandémie, Grief & Beauty (Douleur et Beauté) est un grand mélange de mortalité et de beauté, aux côtés de deux comédiens Arne De Tremerie et Johan Leysen, trois interprètes non professionnels. Tous ont été en contact avec la mort. Pour préparer ce travail, Milo Rau a souhaité interroger des personnes âgées, des biologistes, des chanteurs d'opéra... Les Dévorantes de la jeune artiste belge Sarah Espour est un théâtre hybride qui utilise les éléments du concert : mots, images, chant et ses propres compositions musicales. Par des récits intimes, très forts, elle revient sur son enfance, l’amour, la sexualité. Elle se dit très inspirée par les jeunes femmes des films de David Lynch et de Catherine Breillat, traversées par un même désir de transgression. Expérience cathartique et sacrificielle avec Liebestod de la metteuse en scène espagnole, performeuse des extrêmes, Angélica Liddell. Dans Liebestod, autrement dit « la mort d'amour », elle se place aux origines tragiques du théâtre, mais aussi de la corrida. Pour elle, « dans ces deux liturgies, c’est la conscience humaine qui est donnée en miroir. L’Éros est parent de la tristesse jusqu’à la mort. Le sang versé a besoin de la poésie. » Ambiance de port et de hangar désaffecté dans Quai ouest mis en scène par Ludovic Lagarde. Dans l’écriture de Koltès, il y a une urgence à dire, une poésie et une rhétorique insensées. La marginalité des personnages renvoie à celle des films de Kazan, Tarkovski ou Jarmusch. Au centre de toute relation humaine, le commerce. À l’heure où notre histoire est confrontée à la question complexe et tragique des frontières et des migrations, Quai ouest est un miroir tendu à notre Europe repliée sur ses frontières. Dans Le Ciel de Nantes, Christophe Honoré recompose le récit de son histoire familiale sur plusieurs décennies. Les membres de cette famille sont incarnés par des acteurs, comme pour un ultime travail de mémoire, une dernière réunion de famille Les amours, les désillusions, les blessures remontent. Les personnages, à fleur de peau, restituent l’empreinte du lien familial par-delà les années. Ils nous ont oubliés de Séverine Chavrier est une adaptation de La Platrière, de Thomas Bernhard. Cela parle de l’entre-soi, de la brutalité entre les murs des maisons et des vies qui s’atrophient parce qu’au fond il manque le courage de créer. Outside du metteur en scène russe Kirill Serebrennikov rend hommage à Ren Hang, poète et photographe chinois qui sublimait la grâce d'une jeunesse chinoise. Censurés, attaqués par ces pouvoirs en place de plus en plus autoritaires, ces deux artistes ont des histoires personnelles et des œuvres qui se font écho. Ils ont créé un art libre qui leur ressemble, un art qui met à mal la morale dominante et le totalitarisme.

Il y a les récits remarquables de vies minuscules.
Pas de grand malheur ou de grande douleur dans ces récits mais l'impression d'être invisible au monde, ce qui rend leurs figures, particulièrement émouvantes. Le travail sur le mineur, le banal trace le portrait en creux de l’homme désenchanté du monde d’aujourd’hui. Alchimistes, artistes-inventeur, bricoleurs géniaux puisent ici dans la richesse de l’ignorance et parfois de l’idiotie, très souvent par le rire ; une recherche essentielle.

Ainsi la bagarre, de Lionel Dray et Clémence Jeanguillaume, est un exaltant cabaret fantasmatique, une épopée masquée et musicale. Lionel Dray poursuit le travail entrepris avec Les dimanches de monsieur Dézert, à partir de courts récits symboliques, au caractère familier, qui nous renvoient au cinéma burlesque, de Keaton ou de Tati. Dans Terces (du verbe tercer, acte « de labourer la terre pour la troisième fois »), Johann Le Guillerm dédie le cirque aux pratiques minoritaires, ces pratiques qui n'ont pas d'utilité. Mais ce qui l'intéresse, c'est moins d'en montrer que d'en inventer de nouvelles. La piste et le chapiteau constituent pour cet antihéros un fabuleux terrain de jeu pour des expérimentations plastiques, utopiques, caucasses, venant perturber nos certitudes, à contre-courant du prêt-à-penser. Pour préparer Gardien Party, Valérie Mréjen et Mohamed El Khatib sont partis à la rencontre des gardiens de musées du monde entier. Sur scène dix gardiens de nationalité différente, acteurs secrets, veilleurs en veilleuse, témoins sensibles, évoquent leur travail, leurs souvenirs, leur rapport au temps, aux visiteurs et aux œuvres d’art, ainsi que leur invisibilité. Dans Aucune idée, Christoph Marthaler donne la parole à d’autres figures à la marge, farfelues et solitaires, enfermées dans leurs petites manies. Graham Valentine (acteur longiligne, pince-sans-rire) et Martin Zeller (joueur de viole de gambe) explorent un phénomène mondial : le déficit de connaissance ; survient-il davantage individuellement ou en groupe ? est-il héréditaire ? On passe du burlesque le plus irrésistible à l’absurde.

Pour la danse c’est le corps qui trouve la langue, en reflet parfois d’aspirations spirituelles et cosmiques.
Il y a aussi les écritures acro-chorégraphiées, les jeux du cirque et le cirque des mots ; autant de rituels ouverts à notre interprétation.

Les Contes Immoraux de Phia Ménard viennent nourrir des récits mythologiques, des allégories philosophiques et des fables politiques. Dans les trois contes, Maison mère, Temple père, La rencontre interdite, Phia Ménard dénonce l’ultralibéralisme, les formes d’exclusion, le patriarcat. Ces contes sont une prière pour l’Europe, pour retrouver de l’humain et de l’essentiel. Pour son spectacle Ombres portées, Raphaëlle Boitel réunit trois interprètes autour du mât chinois et du mât pendulaire, du free-run et de la danse-contorsion. C’est un univers visuel fait de clairs-obscurs, de jeux d’ombres, d’apparitions et de disparitions ; une écriture autour des thèmes du corps et de la femme. Falaise, de la compagnie franco-catalane Baro d’evel, mêle mouvement, acrobatie et musique. Huit acteurs acrobates, un cheval capricieux, des oiseaux tantôt amicaux, tantôt agressifs, évoluent dans un cachot creusé à même une falaise. Ce spectacle dépeint une famille qui tente d’échapper à la noirceur qui l’entoure ; une humanité en plein vertige, un univers mystérieux, proche du cinéma de Tarkovski ou de Wenders.

Les musiques amènent d’autres représentations du monde, ouvrent d’autres espaces mentaux.
Elles participent à la prose de la vie, favorisent l’attraction des corps. Il y a les harmonies idéales et les chants de l’intranquillité.

Le Papillon noir est un monodrame opératique, pour voix, ensemble instrumental, chœur et dispositif électronique, sur une musique de Yann Robin et un texte de Yannick Haenel mis en scène par Arthur Nauzyciel. Nous suivons la méditation d’une femme, rentrée chez elle après un accident de voiture. Vagues successives d’émotions, flux de conscience, nous plongent au cœur d’une densité charnelle de souvenirs, aux confins de la vie et de la mort, du sacré et du profane. Dans Tumulus, François Chaignaud et Geoffroy Jourdain dessinent une communauté chantante et dansante, entièrement a cappella. Requiem in memoriam Josquin Desprez de Jean Richafort, Dies Irae, Missa pro defunctis d’Antonio Lotti, Musik für das ende de Claude Vivier sont quelques-unes des œuvres qui composent la matière idéale pour créer cette communauté.

Il y a le discours de l’anthropocène, interrogeant la responsabilité du capitalisme dans la destruction de la planète.
François Grémaud revient avec Auréliens, une proposition élaborée à partir d’une conférence donnée par Aurélien Barrau, à l’Université de Lausanne, en 2019, sur ce qu’il a appelé « le plus grand défi de l’histoire de l’humanité ». Aurélien Patouillard, comédien, reprend cette conférence en s’adressant à nos cœurs plus encore qu’à nos raisons. Arborescence programmée de Muriel Imbach, est né d’ateliers de réflexion dans les établissements scolaires de la Suisse et de rencontres avec des scientifiques et des philosophes. Elle fait un parallèle, entre les réseaux qui relient les plantes, notamment les réseaux d’une forêt, et les réseaux sociaux, qui relient les humains.

De septembre à décembre, émerge une forme de laboratoire vivant, le LAB, pour favoriser l’innovation territoriale. La richesse artistique et culturelle de la scène nationale vient nourrir de nouveaux modes de coexistence, des processus collaboratifs dynamiques, inédits, sincères, entre acteurs culturels et ressources du territoire. Le LAB favorise la rencontre avec les publics pour lesquels l’art n’est, ni immédiat, ni primordial.
Les temps du LAB accordent à l’œuvre la liberté d’apparaître ou pas.
À l’intérieur ou hors des lieux habituels, des affiliations esthétiques, des familles culturelles, ces démarches doivent engendrer ensuite leurs propres horizons.

 

Le désir est toujours une anticipation de quelque chose.
Voici un aperçu de cette saison anniversaire, davantage pour nommer ici quelques étapes, quelques figures d’un parcours ; dans un premier temps pour dire oui avec la tête.
Et ensuite avec le cœur, échappant au rationalisme de ces temps de moins en moins pourvus de valeurs immatérielles et de spiritualité, faire apparaître le visage du bonheur.

Très belle saison !

Gilbert Langlois, directeur

 
Gilbert Langlois,
directeur du TANDEM Scène nationale

 

DOUAI . HIPPODROME

Inauguré en 1904, l'Hippodrome fut construit à l'origine pour accueillir des cirques, des manifestations populaires, citoyennes et politiques... Il fait partie aujourd'hui des sept derniers cirques en dur qui existent en France (Douai, Reims, Elbeuf, Châlons-en-Champagne, Troyes, Paris et Amiens). Doté de 3 salles (la Salle Malraux d'une capacité de 500 places, la salle Obey d'une capacité de 140 places assises, le Grand studio ouvert aux résidences d'artistes), l'Hippodrome obtient le statut de scène nationale en 1992. Le cinéma de l'Hippodrome, la salle Paul Desmarets, complète cet ensemble architectural unique.

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ARRAS . THÉÂTRE

Inauguré le 30 novembre 1785, le Théâtre d'Arras connaît une nouvelle phase de travaux en 1828 avec la construction d'une salle des concerts dont le décor est confié à Charles-Antoine Cambon qui peint au plafond « La Muse distribuant les lauriers aux artistes ». Le Théâtre bénéficie entre 2004 et 2007 de travaux importants qui lui redonnent splendeur et éclat, fonctionnalité et confort. Ils permettent également l'apparition d'une nouvelle salle, plus intimiste, baptisée Salle André Reybaz, pouvant accueillir environ 80 personnes assises.

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L’association de gestion
du TANDEM Scène nationale
a pour président
Jacques Meurette
et pour présidente déléguée
Jeanine Richardson.

DIRECTION

Gilbert Langlois
directeur

ADMINISTRATION

Olivier Fauquembergue
administrateur
ofauquembergue@tandem.email

Ludwig Guesné
administrateur adjoint, chef comptable
lguesne@tandem.email

Maryline Leclaire
secrétaire comptable

SECRÉTARIAT GÉNÉRAL

Christine Tournecuillert
secrétaire générale,
conseillère jeune public
et compagnies en région

ctournecuillert@tandem.email

ACCUEIL & SECRÉTARIAT

Véronique Gilles
secrétaire de direction
vgilles@tandem.email

Virginie Ziemniak
secrétaire accueil et cinéma
accueil@tandem.email

CONSEIL ARTISTIQUE

Aude Tortuyaux
conseillère musiques

Christophe Duthoit
programmateur cinéma

RELATIONS AVEC LES PUBLICS

Rénilde Gérardin
responsable
des relations avec les publics

rgerardin@tandem.email

Marianne Duhamel
chargée des relations avec les publics
mduhamel@tandem.email

Marie Durigneux
chargée des relations avec les publics
et de la décentralisation

mdurigneux@tandem.email

Maxence Maréchal-Delmotte
chargé des relations avec les publics
et des réseaux sociaux
mdelmotte@tandem.email

Jérémy Portemont
attaché aux relations avec les publics
jportemont@tandem.email

Julia Wahl
chargée des relations avec les publics
jwahl@tandem.email

COMMUNICATION

Romain Rousseau
directeur de la communication,
conseiller musiques actuelles

rrousseau@tandem.email

Raphaël Mesa
chargé de communication
rmesa@tandem.email

Léna Férat
infographiste
lferat@tandem.email

BILLETTERIE &
ACCUEIL DU PUBLIC

billetterie@tandem.email

Pauline Cavailles
responsable de la billetterie
et de l’accueil

Aurélie Bouchez
attachée à l'accueil
et responsable du bar

Marine Delvallé
attachée à la billetterie

Niels Le Du
hôte d'accueil et de billetterie

TECHNIQUE

Jean-Marc Hennequin
directeur technique
jmhennequin@tandem.email

Stéphane Jagu
régisseur général
sjagu@tandem.email

Sébastien Meerpoel
régisseur général
smeerpoel@tandem.email

Francis Stiévenard
régisseur général adjoint,
chef machiniste

Frédéric Willens
régisseur lumière

Dominique Warin
régisseur son,
technicien lumière

Michaël Jacob
régisseur principal
son et lumière

Abdelkrim Rouhi
chef machiniste

Philippe Lefèbvre
régisseur bâtiment

Dorian Delrue
technicien

Claire Moskwa
machiniste, habilleuse

Marylise Boulanger
chargée de l’accueil
des artistes et habilleuse,
chargée de l’entretien

Héloïze Cailloz
opératrice projectionniste
cheffe de cabine

François Hastey
opérateur projectionniste

Alain Ogez
agent de sécurité incendie

Et les intermittent.e.s du spectacle et les ouvreuses et ouvreurs qui nous accompagnent tout au long de la saison

Le TANDEM Scène nationale est subventionné par la Ville d’Arras, la Ville de Douai, le Ministère de la Culture et de la Communication,
le Conseil régional des Hauts-de-France / Nord-Pas-de-Calais – Picardie, le Conseil départemental du Pas-de-Calais et le Conseil départemental du Nord.

Le TANDEM - scène nationale Arras Douai est soutenu par

 

Partenaires médias

Le TANDEM soutient

 

 

Partenaires culturels

Le Centre Régional des Arts du Cirque de Lomme
Le Festival Faites de la chanson
Arras Jazz Festival
Les Inouïes
Le Festival Arsène
Le Musée des Beaux-Arts d'Arras
Le Musée de la Chartreuse de Douai