Cher public,

Pendant le confinement beaucoup se sont exprimés. Des experts en tous genres ont pris la parole. La répétition des mêmes clichés pouvait rendre indifférent ou faire peur. Beaucoup de paroles se transformaient en croyances à défaut d’être des connaissances. La parole des artistes nous a manqué.
Voici le temps pour célébrer la vie, toutes les vies ; chacune avec sa part de grandeur.
Cette programmation laisse place à l’émergence des fictions, plusieurs histoires et plusieurs modes de narrations se réfléchissent avec une grande vitalité, ces histoires juxtaposent aussi des mondes, des cultures. Les langues se complètent. Les écritures, singulières et plurielles, intègrent différemment la présence du spectateur, elles sont parfois à l’articulation de différents médiums de la scène. Les grands enjeux de la planète, l’accélération de la transformation du monde, les artistes empêchés, la parité femmes-hommes, l’adolescence, la reconquête des mémoires, sont des sujets présents.
Cette saison préserve de la place pour aller vers de nouveaux publics, pour l’hospitalité.
Humour, burlesque et parodie sont les maîtres mots pour débuter cette saison.
Place aux créatures du Cabaret de Madame Arthur qui installent leurs plumes et leurs excentricités au Théâtre d’Arras, pour un spectacle endiablé.
Place ensuite à Gaëlle Bourges qui continue un travail d’effeuillage de l’histoire de l’art. C’est à l’Hippodrome de Douai qu’elle crée son nouvel opus. Au travers de fresques dansées et de sculptures de chair, O.V.T.R. (On va tout rendre), elle interroge notre rapport à l'autre et revient pour cela sur les spoliations qui ont accompagné les conquêtes coloniales.
Peer Gynt présenté en première française à Douai est un événement qui rassemble les talents des artistes allemands Lars Eidinger, acteur star, et John Bock, plasticien, performeur. Le texte d'Ibsen apparaît comme une exploration de l'identité moderne. À l’heure d’Internet et de la mise en scène de nos propres vies, chacun s’y reconnaîtra. Dans un autre registre, et pour bien commencer l’année 2021, ne ratez pas Terces, le nouvel opus de Johann Le Guillerm. Avec l’opiniâtreté du chercheur et la légèreté du poète, il continue de puiser dans la physique, l’astronomie, la botanique ou l’architecture pour déconstruire les fondements de ce qui fait spectacle dans le cirque.
La chorégraphe, metteuse en scène et plasticienne Gisèle Vienne est invitée à deux reprises. Dans CrowdLa foule »), elle met en scène un groupe de jeunes gens réunis dans une fête techno. L’expression des sentiments et des désirs se développent dans un espace où durées et perceptions deviennent étrangement flottantes. Dans L'Étang (texte de jeunesse de Robert Walser, écrivain et poète suisse) Fritz est un adolescent qui, doutant de l'amour de sa mère, simule un suicide dans un étang. Deux comédiennes, Adèle Haenel et Ruth Vega Fernandez et une quinzaine de poupées, jouent cette pièce.
Bandes de Camille Dagen revient sur les groupes d’artistes ayant accompli des gestes artistiques qui ont profondément marqué l’histoire de la contre-culture et des avant-gardes. Bandes parle de tout ce que la jeunesse tente d’être et de ne pas être.
Dans le spectacle _jeanne_dark_, Helena de Laurens, seule en scène avec son smartphone, est connectée à des spectateurs invisibles auxquels elle expose ses doutes et confie ses désirs. Revisitant l’épopée de la « Pucelle d’Orléans », Marion Siéfert invente un théâtre diffusé en direct sur Instagram.
Dans Le Ciel de Nantes, Christophe Honoré, cinéaste et metteur en scène, nous dévoile des pans de son propre roman familial et nous dresse dans le même temps un portrait de la France depuis les premières décennies du XXe siècle. Tous ces récits à l’intérieur d’une famille forment un territoire avec ses amours, ses incompréhensions, ses vies brisées.
Être au monde est un héritage.
Antigone en Amazonie de Milo Rau (en première française à Douai) transpose la tragédie d’Antigone au coeur de la forêt amazonienne pour questionner, avec des militants indigènes, la violence écocide d’un état complice de l’industrie agroalimentaire. Sur scène, le rôle d’Antigone est tenu par l’actrice indigène Kay Sara et le choeur antique compte des survivants d’un des plus grands massacres perpétrés par le gouvernement brésilien contre des paysans.
Outside est la rencontre posthume de deux « artistes frères » Kirill Serebrennikov, metteur en scène russe et Ren Hang, photographe chinois persécuté qui s’est suicidé alors que les deux artistes devaient se rencontrer deux jours plus tard. Son art photographique entre dans des compositions graphiques à partir de corps nus entremêlés, associés à des fleurs, à des oiseaux. Les répétitions et la création d'Outside ont eu lieu en France en juillet 2019, alors que le metteur en scène était assigné à résidence à Moscou, suite à un procès ubuesque dicté par des procureurs aux ordres du Kremlin. Serebrennikov en a assuré la mise en scène, à distance, à partir de captations de répétition et par Skype. Dans ce spectacle, il organise le ballet live des photographies de Ren Hang, lui donne la parole, cite ses poèmes. En juin 2020, Outside a remporté le fameux Prix du Syndicat de la critique du Meilleur spectacle étranger.

Les rendez-vous danse de cette saison sont en « grandes formes ». Certains fusionnent avec brio la musique et la danse, d’autres laissent entrevoir la violence de la norme sociale inscrite dans les corps.
La Symphonie n°3 du compositeur polonais Henryck Gorecki a été une puissante source d’inspiration pour le chorégraphe Kader Attou. Dix ans plus tard, face à l'émotion toujours intense que lui procure cette oeuvre, il remet son ouvrage sur le métier, pour aller à des endroits qu’il n’avait pu atteindre.
Dans Happy Island, La Ribot, danseuse-chorégraphe, offre la scène à cinq danseurs de la Compagnie portugaise Dançando com a Diferença, composée d’une majorité d’interprètes en situation de handicap. Happy Island est un vibrant témoignage de vie, un pur hommage au désir de danser.
Ousmane Sy a développé l’afro-house, une danse aérienne et pulsionnelle, inspirée des clubs new-yorkais et de la danse africaine. Queen Blood est le fruit d’une collaboration avec le groupe de danse hip-hop Paradox-Sal, 100 % féminin. Les sept danseuses reprennent les codes véloces et musculeux du hip-hop masculin pour mieux s’en détacher ensuite.
À découvrir absolument, les deux derniers spectacles du chorégraphe portugais Marco da Silva Ferreira : Brother est une pièce pour sept danseurs, opérant de nombreuses hybridations entre danses tribales et urbaines. Bisonte est une pièce de groupe d'une grande intensité physique ; une danse où l’hyper masculinisation et les univers, queer et féministe, cohabitent.
Le Collectif (La)Horde et les danseurs du Ballet national de Marseille se réunissent pour un spectacle hors norme, marqué par l’effondrement climatique. Il fait apparaître l’énergie collective des corps de jeunes danseurs et leur rencontre avec le musicien électro Rone.

Autant que les mots, les musiques, les chants, les voix, les sonorités nous ensorcèlent. Qu’ils relèvent de formes dites savantes ou de traditions plus populaires, ils sont autant d’histoires qui racontent la vie, l’amour, la mort. Nous avons deux rendez-vous avec Leonardo García Alarcón et sa Cappella Mediterranea, l’un des ensembles de musique ancienne les plus brillants de la nouvelle génération. L’argentin Leonardo García Alarcón est devenu en peu d’années le chef d’orchestre incontournable de la planète baroque. Le premier rendez-vous, Le Donne di Cavalli, est un hommage aux grandes compositrices du baroque italien. Le second, Amore siciliano, est sur l’art du pastiche. Les compositeurs de la période baroque avaient fait du recyclage un art. On empruntait, arrangeait, transformait allègrement les oeuvres des autres, avec une liberté dont le classicisme perdra le goût.
C’est sur les traces de Bach que nous convient la claveciniste Céline Frisch et le violoniste Pablo Valetti, à la tête de leur Café Zimmermann (avant d’être un des meilleurs ensembles de musique baroque actuels, le Café Zimmermann fut à Leipzig un des hauts lieux de la musique baroque). En interprétant trois des fameux Concertos brandebourgeois, ils nous livrent la quintessence du compositeur allemand.
Le Concert d’Astrée d’Emmanuelle Haïm est présent avec une pièce célèbre, le Stabat Mater, dernière composition de Pergolèse (avant de mourir en 1736, à l’âge de 26 ans) ; c'est une oeuvre charnière entre baroque et classicisme.
Appartenant à d’autres familles musicales et à notre siècle, ne ratez pas les récits d’amours fantasmées de Lenparrot, les harmonies puissantes des voix des Amazones d’Afrique, unies dans un même langage pour défendre les droits des femmes et des jeunes filles noires. Il y a cette simplicité de la guitare de la chanteuse Pomme, d’où jaillit la sincérité des mots. Il y a la poésie punk de Brigitte Fontaine, l’orage sonique et psychédélique des Psychotic Monks, les murs d’images et les sons électro- acoustiques d’Alva Noto et Christian Fennesz, aux frontières de la performance sonore et visuelle.

Souhaitons que ces temps d’assouplissement de la distance sociale soient suivis d’une nouvelle prise de conscience sur la place de l’art. Cette présence de l’art est nécessaire à la production d’une vision innovante des territoires. Les logiques d’attractivités sont de plus en plus centrées sur la notion d’offre culturelle de loisirs. De nombreuses formes de connaissances et de savoir-faire pourraient enrichir et diversifier cette offre. Cela pourrait naître de coopérations avec les entreprises, la recherche, l’université, les lieux de créations et de pratiques artistiques… Le rôle des artistes ne peut être ni strictement utilitaire ni de pur divertissement. Ils nous livrent de vibrants témoignages. Ils initient des modes de dialogues avec des réalités parfois complexes, ils expérimentent des formes, des pratiques, des processus collaboratifs, des liens nouveaux entre les acteurs et les ressources d’un territoire. Ils contribuent à la transformation de nos imaginaires, de nos modes de vie, essayant de rendre l’avenir meilleur. Les spectacles de cette saison témoignent de cette richesse.

Au nom de l’équipe du TANDEM, je vous remercie chaleureusement pour votre présence et votre fidélité, y compris dans ces moments où il est important d’emprunter certaines voies utopiques. Je vous souhaite une très belle saison.

 
Gilbert Langlois,
directeur du TANDEM Scène nationale

 

Vous m’octroyez aujourd’hui le privilège d’évoquer «mon» courage d’être moi après m’avoir fait porter le fardeau de l’exclusion et de la honte pendant toute mon enfance. (…) Mais quand en aurez-vous marre de vous asseoir face à notre «courage» comme on se met devant un divertissement ? Quand en aurez-vous marre de nous altériser pour devenir vous-mêmes? (…)

Ceci est ma vie et je l’ai vécue sans courage, mais avec enthousiasme et jubilation. Mais vous ne savez rien de ma joie. Vous préférez me plaindre (…) Et vous me dites: «Parle-nous du courage d’être toi», comme les juges du tribunal de l’Inquisition ont dit à Giordano Bruno pendant huit ans: «Parlez-nous de l’héliocentrisme, de l’impossibilité de la Sainte Trinité», tout en préparant le petit bois pour faire un grand feu. Effectivement, comme Giordano Bruno et même si je vois déjà les flammes, je pense qu’un petit changement de cap ne suffira pas. Qu’il va falloir tout chambouler. Éclater le champ sémantique et le domaine pragmatique. (…)

Gardez le courage qu’il vous faut pour maintenir la norme. Le sang-froid de prêter vos corps à l’incessant processus de répétition régulée. Le courage, comme la violence et le silence, comme la force et l’ordre, sont de votre côté. Au contraire, je revendique aujourd’hui le légendaire manque de courage de Virginia Woolf et de Klaus Mann, d’Audre Lorde et d’Adrienne Rich, d’Angela Davis et de Fred Moten, de Kathy Acker et d’Annie Sprinkle, de June Jordan et de Pedro Lemebel, d’Eve Kosofsky Sedgwick et de Gregg Bordowitz, de Guillaume Dustan et d’Amelia Baggs, de Judith Butler et de Dean Spade.

Mais parce que je vous aime, mes courageux égaux, je vous souhaite de manquer de courage, à votre tour. Je vous souhaite de ne plus avoir la force de répéter la norme. (…)

Paul B. Preciado, Un appartement sur Uranus, Éditions Grasset

 

 

DOUAI . HIPPODROME

Inauguré en 1904, l'Hippodrome fut construit à l'origine pour accueillir des cirques, des manifestations populaires, citoyennes et politiques... Il fait partie aujourd'hui des sept derniers cirques en dur qui existent en France (Douai, Reims, Elbeuf, Châlons-en-Champagne, Troyes, Paris et Amiens). Doté de 3 salles (la Salle Malraux d'une capacité de 500 places, la salle Obey d'une capacité de 140 places assises, le Grand studio ouvert aux résidences d'artistes), l'Hippodrome obtient le statut de scène nationale en 1992. Le cinéma de l'Hippodrome, la salle Paul Desmarets, complète cet ensemble architectural unique.

télécharger les plans et les fiches techniques

ARRAS . THÉÂTRE

Inauguré le 30 novembre 1785, le Théâtre d'Arras connaît une nouvelle phase de travaux en 1828 avec la construction d'une salle des concerts dont le décor est confié à Charles-Antoine Cambon qui peint au plafond « La Muse distribuant les lauriers aux artistes ». Le Théâtre bénéficie entre 2004 et 2007 de travaux importants qui lui redonnent splendeur et éclat, fonctionnalité et confort. Ils permettent également l'apparition d'une nouvelle salle, plus intimiste, baptisée Salle André Reybaz, pouvant accueillir environ 80 personnes assises.

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L’association de gestion
du TANDEM Scène nationale
a pour présidente
Jeanine Richardson
et pour vice-président
Jacques Meurette. 

(Renouvellement du bureau
en octobre 2020)

DIRECTION

Gilbert Langlois
directeur

ADMINISTRATION

Olivier Fauquembergue
administrateur
ofauquembergue@tandem.email

Ludwig Guesné
administrateur adjoint, chef comptable
lguesne@tandem.email

Maryline Leclaire
aide-comptable

SECRÉTARIAT GÉNÉRAL

Christine Tournecuillert
secrétaire générale,
conseillère artistique

ctournecuillert@tandem.email

ACCUEIL & SECRÉTARIAT

Véronique Gilles
secrétaire de direction
vgilles@tandem.email

Virginie Ziemniak
secrétaire accueil et cinéma
accueil@tandem.email

CONSEIL ARTISTIQUE

Aude Tortuyaux
conseillère musiques

Christophe Duthoit
programmateur cinéma

RELATIONS AVEC LES PUBLICS

Rénilde Gérardin
responsable
des relations avec les publics

rgerardin@tandem.email

Marianne Duhamel
chargée des relations avec les publics
mduhamel@tandem.email

Marie Durigneux
chargée des relations avec les publics
et de la décentralisation

mdurigneux@tandem.email

Maxence Maréchal-Delmotte
chargé des relations avec les publics
et des réseaux sociaux
mdelmotte@tandem.email

Julia Wahl
chargée des relations avec les publics
jwahl@tandem.email

COMMUNICATION

Romain Rousseau
directeur de la communication,
conseiller musiques actuelles

rrousseau@tandem.email

Raphaël Mesa
chargé de communication
rmesa@tandem.email

Léna Férat
infographiste
lferat@tandem.email

BILLETTERIE &
ACCUEIL DU PUBLIC

billetterie@tandem.email

Pauline Cavailles
responsable de la billetterie
et de l’accueil

Aurélie Bouchez
attachée à l'accueil
et responsable du bar

Marine Delvallé
attachée à la billetterie

Niels Le Du
hôte d'accueil et de billetterie

TECHNIQUE

Jean-Marc Hennequin
directeur technique
jmhennequin@tandem.email

Stéphane Jagu
régisseur général
sjagu@tandem.email

Sébastien Meerpoel
régisseur général
smeerpoel@tandem.email

Francis Stiévenard
régisseur général adjoint,
chef machiniste

Frédéric Willens
régisseur lumière

Dominique Warin
régisseur son,
technicien lumière

Michaël Jacob
régisseur principal
son et lumière

Abdelkrim Rouhi
chef machiniste

Philippe Lefèbvre
régisseur bâtiment

Dorian Delrue
technicien

Claire Moskwa
machiniste, habilleuse

Marylise Boulanger
chargée de l’accueil
des artistes et habilleuse,
chargée de l’entretien

Héloïze Cailloz
opératrice projectionniste
cheffe de cabine

François Hastey
opérateur projectionniste

Alain Ogez
agent de sécurité incendie

Et les intermittent.e.s du spectacle et les ouvreuses et ouvreurs qui nous accompagnent tout au long de la saison

Le TANDEM Scène nationale est subventionné par la Ville d’Arras, la Ville de Douai, le Ministère de la Culture et de la Communication,
le Conseil régional des Hauts-de-France / Nord-Pas-de-Calais – Picardie, le Conseil départemental du Pas-de-Calais et le Conseil départemental du Nord.

Le TANDEM - scène nationale Arras Douai est soutenu par

 

Partenaires privés

 

Partenaires médias

Le TANDEM soutient

 

 

Partenaires culturels

Culture Commune, Scène nationale du bassin minier du Pas-de-Calais
La Comédie de Béthune, Centre dramatique national
Maison de l'art et de la communication de Sallaumines
Le Centre Régional des Arts du Cirque de Lomme
Le Festival Faites de la chanson
Arras Jazz Festival
Les Inouïes
Le Festival Arsène
Le Musée des Beaux-Arts d'Arras
Le Musée de la Chartreuse de Douai
L'être lieu - ARTS CONTEMPORAINS ARRAS